L’abandon de poste peut-il être considéré comme une démission ?

Que se passe-t-il si un salarié est absent de façon injustifiée ? La démission résultant d’un acte clair et non équivoque, elle ne se présume jamais.

La Cour de cassation est très stricte et considère qu’un salarié ne peut pas être considéré comme démissionnaire lorsqu’il ne se présente plus dans l’entreprise sans justification, même lorsqu’il demande à son employeur une attestation Pôle Emploi (Soc. 3 mai 2000, n° 98-41.844), lorsque l’employeur apprend qu’il a été embauché par un autre employeur ou encore lorsqu’il s’est directement inscrit comme demandeur d’emploi (Soc. 12 oct. 2011, n°10-17.658). Dans chacune de ces solutions, les juges considèrent que la volonté claire et non équivoque de démissionner n’est pas caractérisée.

En pratique, l’employeur doit donc être extrêmement vigilent. Il doit mettre en demeure le salarié de justifier son absence et de réintégrer son poste de travail en le prévenant que s’il ne le fait pas, il risque une sanction disciplinaire.

Si le salarié ne réagit pas, l’employeur a tout à fait le droit de tirer les conséquences de cette absence et pourra procéder au licenciement du salarié, notamment pour abandon de poste.