Pénurie de carburant: puis-je me faire licencier si je ne peux pas aller travailler?

Le mardi 24 mai 2016, la totalité des raffineries françaises approvisionnant les stations service sont en grève. Le risque de pénurie d’essence se faisant plus concret, il est utile de s’interroger sur les risques encourus par un salarié qui est dans l’impossibilité de se rendre sur son lieu de travail pour ce motif.

Conséquence de l’obligation du salarié d’exécuter loyalement le contrat de travail, le salarié doit informer l’employeur de son absence et s’expliquer sur les raisons de celle-ci. L’absence d’envoi du certificat médical, de justification ou d’information de l’employeur peuvent donc être sanctionnées. Cette sanction peut alors aller du simple avertissement à la rupture du contrat.

En cas de force majeure, soit un événement extérieur, imprévisible et insurmontable, le salarié peut justifier de son impossibilité de se rendre sur son lieu de travail.

La pénurie de carburant réunit les caractéristiques de la force majeure. Ce motif d’absence pourra donc être accepté, à la condition que le salarié n’ait à sa disposition aucun autre moyen de transport (transports en commun, covoiturage…).

Afin d’éviter une perte de salaire, des solutions alternatives peuvent éventuellement être envisagées, telles que l’utilisation de jours de congés payés, ou encore le télétravail. En effet, l’article L. 1222-11 du Code du travail dispose que « en cas de circonstances exceptionnelles, notamment de menace d’épidémie, ou en cas de force majeure, la mise en œuvre du télétravail peut être considérée comme un aménagement du poste de travail rendu nécessaire pour permettre la continuité de l’activité de l’entreprise et garantir la protection des salariés« .